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Curtiss P-40 au Lafayette

Historique

La ré-armement du groupe : novembre 1942 - janvier 1943

8 novembre 1942 : une date qui marque un tournant dans la seconde guerre mondiale à bien des égards. Opération Torch : les américains débarquent en Afrique du Nord. Après quelques jours de combats fraticides, les chefs militaires de l'AFN se rallient aux alliés.

D'un point de vue purement militaire, ce ralliement et la reprise de la lutte face aux forces de l'axe va impliquer un ré-equipement de toute notre armée avec un matériel moderne. Aubaine aussi pour les alliés qui trouvent toute une armée compétente, entrainée et qui veut en découdre avec l'axe. Mais cet reéquipement sera long et compliqué et ne sera finalisé officiellement que le 8 aout 1943 (1).

Pour ce qui est du groupe GC II/5 "Lafayette", les choses vont aller un tout petit plus vite. Le 10 novembre 1942, les combats inutiles cessèrent, et le 12, les premiers avions américains se posaient à Cazès. Le 15 novembre, le colonel Harold Willis, appartenant à l'état major de Gal Eisenhower et un ancien du groupe de l'escadrille de 1918 retrouve avec nostalgie la tête de sioux sur les Curtiss H-75 français. Etonnament, c'est lui avec l'aide son mécano de l'époque qui fut à l'origine de la tête de séminole comme emblème de l'unité. Il décide (après discussion et intervention auprès de son général....) alors que ce groupe aura le privilège d'être la première formation à être ré-équipée en matériel moderne (2). Et vite, cela veut dire vite.
Le 15 novembre 1942, les 6 premiers P-40F arrivent dans l'unité (4), complété le 21 novembre (2). Ce même jour, le Commandant ROZANOFF prend le commandement du II/5.(2).

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Les avions arrivent dans l'unité le 24 novembre 1942 (1). Dès le lendemain, 6 pilotes font leur premier lacher sur leur nouvelle monture. Les pilotes prouvent rapidement aux américains leur aptitude au combat et leur compétence de pilotes chevronnés en maitrisant très vite leur avion (1). Le groupe est constitué de 25 avions le 15 décembre (1). Il prend officiellement le nom de "Lafayette" le 25 décembre (1) et est déclaré opérationnel en suivant (2).
La première mission de guerre a lieu le 31 décembre 1943 pour couvrir le port et la ville de Casablanca.

Sur cette photo, on peut voir au moins 4 queues courtes : 6, 8, 9 et 11. (Library of Congress US)

La campagne de Tunisie : janvier 1943 - avril 1943

A la suite du débarquement, les forces de l'Axe envahissent la Tunisie, qui va devenir le théâtre d'opération du groupe.
Le 8 janvier 1943, grâce aux efforts de ROZANOFF, le groupe fut déplacé vers Alger. Une cérémonie officielle de prise en compte et de bénédiction des nouveaux appareils sur le site de Alger-Maison-Blanche se tient le 9 janvier 1943 (1). Le Gal Bergeret passe en revue les équipages lors d'une prise d'armes.

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Le groupe poursuivit sans encombre son déploiement jusqu'à Thélepte le 11 janvier, sur le front tunisien, où il fut rattaché au 33rd Fighter Group de l'USAAF (2). Le groupe sert alors sous commandement américain. Il est d'ailleurs un des seuls groupes français à être ainsi engagé avec le GC 2/7 Nice.
Lors du transfert sur Thélepte, deux aviateurs du groupe, le S/C Quéguiner et le Sgt Lavie font défection et rejoignent la France occupée avec deux P-40F. C'est sur une plage de métropole, non loin de Sète, qu'ils atterrirent, sur le ventre. J Gisclon est un témoin direct du départ (100 p246).

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Le groupe débuta les missions : escortes de bombardiers légers (Douglas A-20) opérant en tactical ou d'avions mitrailleurs (P-39 Airacobra), couverture sur zone, reconnaissance à vue, couverture du terrain de Thélepte qui était régulièrement attaqué (2).
Dès l'aube du premier jour de mission (12 janvier), les avions décollèrent pour protéger le terrain des attaques de la Luftwaffe (8 Ju88 avec 4 Bf109) (1). 2 avions sont touchés au sol : le "13" avec un petit éclat et le "1" dont le moteur criblé d'éclats doit être changé.
Le 13 janvier a lieu la première mission de guerre. 8 appareils menés par les Lt Villacèque et Le Stum partent pour Djebel Ben Dabouss pour soutenir les troupes françaises à la demande du Gal Juin. Mais sans contact avec l'ennemie. (1) et (4 qui date l'intervention au 14/1/43).
Le 15, de retour de patrouille, 4 P-40 sont attaqués par 8 Bf109 (1). Cette première mission fut très sombre : Delannoy se tua en percutant le sol, Le Stum, blessé au visage, se posa sur le ventre, et Hebrard ramena un gouvernail de direction en lambeaux.(2)
Le 18 janvier, Tremolet et Hebrard vengèrent ce demi-échec en descendant chacun un Junkers Ju 88. Le même jour, une offensive allemande obligea l'aviation à un effort maximum. Rubin et Hebrard abattirent un Focke-Wulf Fw 190 (2).
Du 21 janvier au 3 février, les missions continuent, ainsi que les attaques allemandes du terrain de Thélepte. L'un comme l'autre contribuent à la destruction de nombreux avions de l'unité. Le 6 février, 4 nouveaux P-40 sont affectés à l'unité (1).
Les missions continuent jusqu'à mi-février.

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Mais dès février, plus rien ne résistait aux blindés allemands. La retraite devenait inévitable, l'ambiance de 1940 se réinstallait. Le 17 février à l'aube, alors que Thélepte était à portée des canons allemands après la percée de Kasserine, le repli fut effectué sur La Koulf puis vers Kalaa Djerda. 4 P-40 y sont malheureusement brulés sur place à Thélepte (1). Il reste alors 13 avions en état de vol (4). Ce repli, ordonné par le Gal Mendigal et non validé par l'état-major allié, sera la source de suspicions alliées vis-à-vis de la loyauté des troupes françaises. (5)
Mais il ne fallut que quelques jours aux Allemands pour atteindre ce nouveau terrain. Le groupe se replie alors vers Biskra (2). A cette occasion, l'adjudant-chef Casenobe percute le sol et décèdera le 22.

La campagne de Tunisie est terminée pour le groupe. Au bilan : 287 sorties et 576 heures de vol de guerre. 7 victoires revendiqués (5 Fw190 et 2 Ju88). Mais il ne reste malheureusement que 7 avions en état de vol. (1). Le bilan humains est 4 pilotes tués (dont 2 au sol) et 3 blessés (5). Il s'agit de A/C Dellanoy et ?. Le groupe s'installe provisoirement à Alger (2).
Le 22 mars (1), et, afin de correspondre aux normes d'organisation USAAF, le groupe fut doté d'une nouvelle escadrille, la SPA 160 Diables Rouges, placée sous les ordres du Lieutenant TREMOLET (2).

A la mi-mars, le groupe fit mouvement vers Rabat, afin d'être réorganisé et réarmé (2). Le 9 avril 1943, les nouveaux P-40L furent livrés (1).

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Missions au Coastal Command : avril 1943 - avril 1944

Le groupe est alors affecté le 3 mai 1943 (1) à la MACAF (Mediterranean Allied Coastal Air Force) et chargé de protéger les ports d'AFN. Le 14 mai, il commence ses missions au dessus du port de Bizerte (1). Les trente-six P-40L du "La FAYETTE" furent transférés à La Mabloua en mai 1943 (2)

Evenement de taille, le Cdt Rozanoff quitte l'unité le 16 mai, ainsi que son adjoint le Cdt Stehlin. Le lieutnant-colonel Thibaudet le remplace temporairement, puis défintivement par le Cdt Arnaud début juillet. Le 21 mai, début des missions de convoyage au large de Tunis. A compter du 24 mai, ils effectuèrent leurs patrouilles côtières depuis la base de Sidi-Ahmed (Bizerte). Le quotidien des pilotes fut alors les longs survols maritimes en protection des convois (2). Le P-40 monomoteur donna alors des sueurs froides à plus d'un pilote.

Le 8 juin débute les opértions en vue de l'occupation de Pantelleria (1). . Du 15 mai au 25 juin, 1024 sorties sont effectués avec 1800 heures de vol (1). Début juillet, il effectue de nombreuses missions de protection des convois maritimes en vue du débarquement en Sicile qui a lieu finalement le 10 juillet. Le 1er aout, le groupe s'installe à La Sebala (1). Le 3 septembre, première rencontre avec l'ennemi en mettant en fuite 2 bimoteurs allemands. Le lendemain commence une collaboration avec le GC I/4 qui s'installe aussi sur le terrain de La Sebala.

Le 27 juillet, le manque de matériels et de pilotes obligent à se calquer sur l'organisation anglaise avec 12 avions par escadrille au sein des Squadron, plus l'avion du commandant. De fait, la SPA 160 fut dissoute à nouveau (5). Cette nouvelle réorganisation retarda la transformation du groupe sur P-47D, et par conséquent son affectation aux missions tactiques. (2)

Début septembre, le groupe est rattaché à l'intendance française. (4)

Le 25 septembre, nouveau déplacement, cette fois sur le terrain de Bône-Les Salines. Et changement d'affectation : le groupe est désormais rattaché au Bone Fighter Command regroupant d'autres unités françaises (GC 2/3, 1/7 et 2/7). Il passe sous commandement anglais. Début octobre reprennent les missions de protection des convois mais l'activité baisse sensiblement jusqu'à la fin de l'année.

Malheureusement, la fin de l'année est tragique avec la disparition en mer du Lt Le Stum suite à une panne moteur. C'est la conséquence de P-40 qui arrivent à bout de souffle : 200 heures de vol pour la plupart des avions avec des pièces de rechange dont l'approvisionnement est aléatoire.
Du 1er mai au 31 décembre 1943, le groupe a effectué 2281 sorties opérationnelles. (4)

Début février le groupe désespère un engagement plus actif de leur unité au combat. En vue d'une transformation prochaine sur P-47D, l'entrainement aérien reprend et en mars l'activité est au plus fort : 828 sorties pour 788 heures de vol (1).

Les P-47D arrive dans l'unité en avril 1944 qui se convertit à ce nouveau destrier. Le groupe effectue sa transformation à Sidi-Ahmed. (1).
Les P-40 de l'unité sont reversés au GC 3/3 Ardennes. (4)

 

Images diverses (source ECPA)

Photos non datées (malheureusement). Mais au vu des avions et des drapeaux de dérive à la logique anglaise, on peut penser que cela date d'après avril 43 quand le groupe est passé au Coastal Command sous commandement anglais.

 

Films couleurs des P-40 français

Le 9 janvier, cérémonie de l'escadrille Lafayette avec les américains, avant de partir pour la campagne de Tunisie, vers Thelepte, rattaché au 33 US Fighter Group.
http://www.criticalpast.com/video/65675020496_P-40-aircraft_Lafayette-Escadrille-squadron-insignia_French-Air-Service-insignia

http://www.criticalpast.com/video/65675020492_Curtiss-P-40-Warhawks_James-Doolittle_Carl-Spaatz_French-Moroccan-horsemen

http://www.criticalpast.com/video/65675020494_Curtiss-P-40-Warhawks_French-Moroccan-horsemen_sword-salute_dog-near-troops

http://www.criticalpast.com/video/65675020495_Carl-Spaatz_James-Doolittle_Curtiss-P-40-Warhawks_Colonel-Willis

 

Kostia Rozanoff

   

 

Marie Monraisse

- Monraisse. Chef des sioux en 1940. Commandant du groupe en 1941. Le 1er janvier 1944, il devient le premier commandant de la 3eme escadre, avant de prendre la tête de la 4eme escadre en juin. Il est tué le 8 octobre 1944 alors qu'il commandait la 1° escadre de chasse lors d'une mission dans la région de Pforzheim à Haslach dans la foret noire. (5)
- Sur la photo, le Cdt Monraisse, debout sur l'aile, en compagnie de A/C Delannoy du GC 2/5 à Alger en janvier 1943.

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Jean Gisclon

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Capt. James Reed of the 33rd FG (USAAF)

Les commentaires suivants (en anglais) ont été récupérés d'ici. L'auteur de l'info est Mark Joyce du forum P-40 Warhawk. (18)

On November 11th, 1942, Lt. (later Capt.) James E. Reed of the 33rd Fighter Group was piloting one of the 77 P-40Fs that was catapulted off the carrier 'Chenango,' a converted Great Lakes oil tanker, for a landing at an airport at Port Lyautey, 90 miles north of Casablanca, as part of Operation Torch--the invasion of North Africa. Not long after the landing, Lt. Reed had to turn over his P-40F, named 'Irene' in honor of his then-girlfriend and later wife, to the French Lafayette Escadrille Squadron, much to his chagrin (along with that of the other pilots who had to give up their planes as well).  Lt. Reed ultimately completed 83 missions flying P-40s.  Many of these missions were against German fighters, especially the Me-109.

A few years ago, I had the opportunity to correspond with Capt. Reed via telephone, snail mail, and email.  In one of my emails, I asked about how the P-40F and L (which he also flew) compared to both the Me-109 and Fw-190, which also flew in North Africa but to a lesser degree (more often as a fighter-bomber).  Here is Capt. Reed's emailed reply:

"Regarding performance against the Me-109 and FW-190.  The 190 was tough to out-turn.  I could out-turn the 109, but it was hard to do.  I, at times, had to drop a few degrees of flaps and slow down to out-turn it.  On one mission dropping the flaps was not enough so I had to drop my landing gear to slow down enough to out-turn the Me-109 and get away from his fire.  I think dropping the flaps and landing gear probably saved my life.  I never had a one-on-one with the FW-190 so am not sure what I could do with it.  I understand that it was harder to get away from than the Me-109."

The Americans and allies that flew the P-40/Tomahawk/Kittyhawk had a tough time against the Axis fighters in North Africa, especially the Me-109 and Italian Macchi 202, but the old Curtiss fighter was a tough, well-armed aircraft that, when flown to its potential by experienced pilots, could dish it out as well as take it.

 


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