Maquette72
       
Maquette72 > Mes amis > Gaëtan Oddou > Le Monument - D520

Le Monument - D520

1940

Scratch + Atlantic + Preiser + Hasegawa, 1/72

Montage Gaëtan Oddou

A L'ATTAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAQUE !!!...

mes amis, mes frères, je commence un nouveau montage, un nouveau combat, un nouveau chantier, enfin voila quoi...ça va dépoter !

comme d'hab, je ne sais pas trop où je vais, donc je ne vous donne pas le projet d'emblée. on le découvrira au fur et à mesure (et moi aussi par la même occasion). Par contre il est utile d'avoir un début pour bien commencer ! Ce début est une madeleine de Proust. Point de Matchbox cette fois mais de vieilles figurines Esci. Cette marque reprise par Italeri fabriquait des figurines de fou dans les années 80. Comme les lanciers polonais par exemple : 

Je me suis fait plaisir en peignant des personnages que je stockais dans une boîte depuis 30 ans !

une fois assemblé ça en jette non ? 

mon préféré c'est le Hussard de Lord Cardigan (guerre de Crimée, mais identique aux hussards de Waterloo)

cette une bonne idée de cadeau pour noël ! je vais offrir celui la à une amie, ça lui fera plaisir...(de quoi les femmes n'aiment pas ce qu'on fabrique ? évidemment un tank ça n'aurait pas marché, mais un beau hussard anglais franchement...) (bon par contre c'est vrai que c'est petit...c'est un petit cadeau voila)

mon projet n'est pas celui-la ! il y aura bien des soldats de l'empire mais il y aura aussi un avion de la deuxième guerre mondiale avec ! et ce n'est pas de la SF. voila l'idée : mes soldats ne seront pas fait de chair et d'os mais des statues...

je commence par le cuirassier qui ornera le monument. j'ai choisi du moderne, une figurine zvezda. la gravure est top mais les pattes du cheval sont trop courtes et ne me plaisent pas. j'ai donc fait une greffe !

il est beaucoup plus élancé comme ça ! on voit encore un peu la soudure mais je vais arranger ça par la suite

attaquons nous au piédestal...

avec un peu de mastic spécial et de la carte plastique

une touche féminine

voila en gros ce que ça va donner

sur les côtés je mets en scène des soldats de l'empire (garde napoléonienne) et des poilus de la grande guerre

tout ce petit monde viendra se placer sur la monument

un peu de patine

chaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarger !...c'est trop bon ! ça me rappelle le capitaine Stark dans les tuniques bleues...pour ceux qui connaissent.

et voila l'ensemble en place (mais pas encore collé)...

c'est mon point de départ pour un nouveau dio...qui inclura un avion, des envahisseurs germains et...des bancs publics !

en fait mon idée c'était reproduire certains monuments comme ceux la :

alors voila, il y a un truc que je n'ai pas expliqué : mon dio sera en noir et blanc à 90 % (désaturation partielle pour les spécialistes). les statues masculines sont presque noires car elles sont en bronze. les nanas sont en marbre et du coup ça fait pas pareil. tiens la preuve votre altesse (il t'en faudrait une toi aussi...une statue !) :

ces statues, au fait sont d'anciennes statues lyonnaises, ma ville à moi. celle de Napoléon a été détruite en 1870, l'autre par le passage du métro en 1974. 

d'abord voici la raison de ces marques : ce ne sont pas la pigeons mais...le bronze associé à l'eau de pluie. en version soft ça donne ça 

moi j'ai exagéré comme d'hab ! mais dans les années 40, les villes étaient très sales car on ne nettoyait pas encore les murs. j'en ai la preuve avec des tas de photos de Lyon. Ma ville (la mienne rien qu'à moi) a été nettoyé grâce au maire Michel Noir dans les années 80 ! toute la ville était en chantier, fallait voir ça ! 

quant à la technique elle repose sur une alternance attaque / défense : je badigeonne du jus à l'huile noir (attaque), puis je frotte dans le sens de la pente, puis je laisse couler du diluant et j'efface carrément des parties avec un crayon gomme (défense). et je recommence jusqu'à ça soit bien dégueulasse, parce que j'aime quand c'est sale ! voila...

 

voici donc les premiers essais...et pour commencer, connaissez vous ce produit ?

c'est un matériaux révolutionnaire pour faire du moulage rapide et propre ! la preuve ici avec des sacs de sables que j'ai pu améliorer par la même occasion (en faisant la partie arrière notamment)

voila de quoi protéger le monument des bombardements...

je prolonge avec un deuxième outil révolutionnaire qui devrait intéresser Manu...

l'iinfinity, tout le monde connait maintenant. il coûte assez cher mais marche nickel. celui de gauche est fabriqué par green stuff world pour 27 euros. j'ai acheter une buse de 0.5 pour aller avec. pourquoi ? pour faire du remplissage (couche d'apprêt, vernis etc.). avec son bouchon de godet fini les fuites de liquide (sur la maquette la...punaise !). avec 8 euros de plus green stuff fournit le tuyeau et la prise rapide pour jongler avec les aerographes...aaah, le bonheur ! je suis John Wayne

d'abord la ville, la suite et la fin...j'ai mis en place des éléments de décor issus d'une boîte italeri. mon projet consiste à donner l'impression d'une allée qui s'achève par une sorte de porte marquée par les lampadaires. 

les statues du monuments marque la destination finale, elle se situe après la porte

vous avez remarqué le trou situé avant les lampadaires ? c'est la position de la pointe du Dewoitine 520 écrasé dans la scène...

pour la petite histoire j'ai commencé ce D.520 il y a environ 18 ans ! je finissais mon service militaire et comme je m'étais inscrit au club maquette de la caserne j'avais entrepris ce montage. puis après la quille j'ai retrouvé ma nana et...la maquette a fini dans un carton...tout ça c'était bien avant master194 

bon alors voila ce que j'avais accumulé à l'époque pour réussir ce montage

je ne peux plus vous montrer l'intérieur magnifique Hi tech car le fuselage était déjà refermé. je n'imaginais pas vraiment montrer cette maquette un jour à qui que ce soit ! bon alors la j'ai installé tous les éléments mobiles du kit hi tech. c'est un beau kit de détaillage !

j'ai rajouté un peu de feuille d'alu pour froisser la tôle et donner un aspect épave...

ma première couche est donc une couche d'apprêt : mr surfacer 1000 passé à l’aérographe

alors quel avion allons nous crasher ?...mmmh j'ai l'embarras du choix. Le D.520 de Pomier Layrargues du GCII/7 évidemment. Cet as descend le meilleur pilote allemand de l'époque puis est abattu à son tour sans savoir l'exploit qu'il venait d'accomplir. cette histoire est très connue, en revanche pas moyen de trouver une photo de son avion (des peintures y'en a plein, mais des photos nada)...

bon je vais m'inspirer des avions de ses camarades, comme celle-ci :

comme on le voit, camo est constitué de formes complexes en feuille de chêne. on le voit encore sur ce modèle que j'ai trouvé par hasard sur le net

alors c'est parti ! ah au fait...vous allez être un peu surpris par quelque chose maiiiiis je vous dis pas ce que c'est ! vous trouverez...

on commence avec le camo trois tons

les contrastes sont trop marqués donc je les atténue

silhouette time ! tout est fait main (même la panthère)

vous ne remarquez toujours rien ? aller faites une effort

c'est pas fini ! j'ai fait la patine aussi...avec de l'huile !

verrière en place...

et la touche finale : les coulées dues au moteur touché par les obus

sanfu, crusader et altesse ont gagné le jeu...c'est la couleur du chocolat mat qui tire vers le gris...ça interpelle quelque part non ?

quant à l'hélice, ahaaaa, eh bien c'est tout simple. j'ai lu un jour dans un livre sur le dessin (écrit par Burne Hogarth si je me souviens bien, le plus grand dessinateur de Tarzan) qu'il fallait pour réussir une image DEFIER L'OEIL ! alors voila pourquoi l'hélice est toute tordue, parce que mon D.520 ne s'est pas posé tranquillement sur le ventre, ça noooooon, il est...planté dans le sol ! comme une fléchette :

ces quelques photos ne montrent pas bien l'intégration dans le sol car...l'enduit de collage n'est pas encore sec ! en gros j'ai pas fini...mais on voit bien la position par contre.

l'avion de Pomier-Layrargues était indestructible...d'ailleurs il n'a pas été abattu ! tout ça c'est la faute des sangliers qui avaient mangé des cochonneries...sans compter le terrain qui était trop lourd ! voila ce qui a causé la défaite. quant à Pomier il s'est posé sur le flanc pour qu'on puisse voir la panthère (comment ça elle était pas peinte, non mais Pascal (Gretch pour ceux qui suivent pas) ton témoin oculaire la...ce serait pas un Romain des fois ? ils sont fous ces Romains tu le sais...). La panthère, c'est à chat qu'on le reconnaît ! 

Bon et pour finir, mes chers comparses du gang, si vous tenez à bien manger lors de notre séjour à Bron, je vous invite à me faire davantage confiance  sinon ce sera Mac Do ou Quick, voila  

bien la suite donc...et de nouveau des figurines...mais en couleur cette fois. le choix fut difficile mais, l'histoire que je veux montrer m'oblige...ce seront des soldats allemands donc et un petit civil français...seul.

les soldats allemands de la WW2 sont faciles à trouvés. Pour moi Preiser est au dessus du lot. par contre il faut bosser. ce ne sont pas de simples figurines, ce sont des kits :

il y a un mode d'emploi mais il faut sacrifier la boîte !!! du coup j'ai perdu une grappe, la punaise...je sais pas où elle est tombée...pfff

une fois monté, ça donne ça

puis ça

et maintenant le plus génial : une figurine reedoak de Norbert, l'enfant au 1/72 (22 mm en taille réelle)

pour commencer encore quelques gadgets bien sympa. connaissez vous ceci ?

et ça ce sont des affiches de propagande (certaines sont dures à regarder...ça fait mal de penser qu'on ait pu les afficher...)

et maintenant parlons de la conception du diorama. j'ai fait un choix : utiliser des proportions idéales pour représenter un monde que l'on croyait idéal. à l'heure où ce monde s'effondre cette disposition devient ironique...en fait tout le diorama est organisé selon les proportions du nombre d'or. celui-ci se répétant en formant une sorte de spiral. C'est ce qu'on appelle une suite de Fibonacci. Voila en image ce que ça donne :

voila ce que ça donne en vrai. les affiches m'ont servi de parterre sur la zone comprenant la statue et l'enfant. ces affiches réparties n'importe comment donne une impression de KO général où les vichystes et les gaullistes s’entremêlent dans un affrontement imaginaire. les feuilles mortes incarnent symboliquement les vies perdues des Français morts en combattant.

de profil on voit bien la limite entre les deux principaux rectangles de la scène marquée par les lampadaires.

du côté français c'est la panique !

et maintenant les Allemands tracent une ligne dans le premier cadre prêt à rentrer dans le second...

ok j'explique...pour moi un diorama est réussi quand il a un sujet clair. un diorama est raté quand il ne fait que juxtaposer des éléments qui ne sont la que pour remplir l'espace (dans une très mauvais diorama, tout l'espace disponible est rempli...or le luxe est dans les espaces vides justement).

pour ce dio mon sujet est l'impuissance des symboles face à la barbarie. j'ai donc délibérément remplie ma scène de symboles. les symboles c'est joli, ça flatte l'oeil mais face à l'attaque d'un ennemi déterminé ils ne servent à rien.

j'ai volontairement conçu mon projet pour que plusieurs lectures soient possibles. certaines sont évidentes, d'autres plus subtiles. par exemple les statues couvrent la période 1800-1914. elles sont en noir et blanc et témoignent d'évènements glorieux de la nation française. j'ai volontairement choisi des soldats du rang et non des officiers (un cuirassier plutôt que Napoléon, un poilu plutôt que Foch) car c'est de la nation dont il s'agit ici. et cette nation porte aux nues des symboles, mais ces symboles du passé (donc en noir et blanc) ne la protège pas contre un mal nouveau (donc en couleur). à bien des égards nous vivons la même chose aujourd'hui. et nous continuons à afficher des symboles contre la barbarie...

une autre lecture est celle de la déchirure de la nation française à la suite de cette invasion. La nation française est née de la révolution de 1789 (on parle déjà de nation à l'époque royale mais elle alors soumise à son roi). cette nation se cristallise autour d'évènements "glorieux" (Austerlitz, Verdun...le terme glorieux est à prendre au sens figuré dans ce cas la) et se dissout lors de la catastrophe de juin 1940. c'est ce que montre les affiches (qui elles aussi utilisent des symboles...)

j'aurai encore beaucoup à vous dire mais je ne pense pas être lu au delà de la troisième ligne alors j'arrête la. 

pour finir j'ai encore quelques images. vous noterez la reprise de quelques affiches justement...

Le Monument : une brève Histoire de la Nation française...Ce diorama cache dans sa conception et quelques uns de ces éléments un certain nombre de messages. C'est en fait le cas de tous mes dioramas mais en général, on ne me pose aucune question...alors je ne développe pas. D'ailleurs les messages ne sont pas les bienvenus quand on présente une image car notre cerveau aime à segmenter les informations. le visuel doit se distinguer du linguistique. donc on veut voir mais pas comprendre, ou réciproquement comprendre sans accepter de voir. Vous remarquerez que la plupart du temps on dissocie les images (des preuves visuelles) et les idées (immatérielles donc non visuelles). C'est ce qui a conduit notamment Michel Houellebeck à écrire "la carte et le territoire". Les représentations mentales l'emportent sur la réalité matérielle. on préfère croire en une carte qui n'est pas la réalité mais une construction mentale, plutôt que croire au paysage que l'on a sous les yeux (entre nous c'est une des raisons de la défaite de Napoléon à Waterloo en 1815 ! mais c'est un autre sujet). 

Revenons au "Monument". Le véritable sujet de cette scène est la collision des différents temps de l'Histoire de la Nation française. si on accepte de la commencer après la Révolution française (ce qui est discutable, comme tout est discutable (enfin pratiquement tout)), nous observons ici au moins quatre temps : le premier Empire, la grande Guerre, le temps présent : juin 1940 et le temps futur représenté par les affiches (vichy, Résistance (FFI) et Armée française libre (FFL)). j'ai utilisé la gestion des couleurs pour permettre à l'œil de s'y retrouver. En photographie on parle de désaturation partielle : les nuances de gris (qui représentent le passé dans la scène) sont des teintes complètement désaturées, les couleurs (qui représentent le présent) sont des teintes saturées. vous noterez la saturation très forte des affiches gaullistes (FFL) que j'ai volontairement appuyée (les autres feuilles sont délavées) car elles incarnent l'avenir (victorieux).
Pourquoi s'être imposé ce système visuel ? parce que je voulais mettre en perspective les évènements fondateurs de notre Histoire avec comme point central : la défaite de juin 1940. C'est pour moi l'instant clé qui détermine tous les autres. Oui juin 1940 détermine non seulement ce que nous penserons à l'avenir mais aussi ce que nous pensons à postériori du passé. Par exemple, après cette date, un Cuirassier chargeant à Austerlitz n'a plus la superbe qu'il avait encore en 1914. D'ailleurs il n'y aura plus jamais de superbe pour un soldat quel qu'il soit. Ne vous méprenez pas, je ne regrette pas 1939 ! je veux juste comprendre comment une bascule gigantesque s'est produite à cette époque la précisément. C'est la qu'intervient l'enfant.

L'enfant, c'est vous, c'est moi. C'est la population française après 1940. J'ai longtemps hésité à accompagner cet enfant de nombreux soldats morts au combat à ses pieds, avec leurs armes et leurs canons. Mais j'ai vite compris que le grand malheur de la défaite n'était pas lié au sacrifice des Hommes, mais au contraire à leur débâcle. Oui je sais nous nous sommes battus en 1940. plus de 100.000 morts en 1 mois. autant qu'en 1914 sur une période équivalente. Mais, si on en croit Marc Bloch (l'étrange défaite), si l'on écoute les commentaires de l'état major anglais (émission de Daniel Costelle), notre élite militaire était coupée en deux. Pour résumer il y avait De Gaulle d'un côté pour qui la défaite n'était pas envisageable et Pétain de l'autre pour qui Hitler offrait une possibilité intéressante de gouverner le pays comme au temps de Louis XIV (en bien pire, avec l'antisémitisme en plus). Et c'est Pétain qui l'a emporté (provisoirement heureusement). Que pense cet enfant face aux évènements. De l'inquiétude certainement, de la peine pour les morts forcément, mais de la colère aussi car ce qu'il croyait solide s'est avéré fragile, et de l'amertume car étant trop jeune il n'a même pas pu combattre. D'ailleurs il n'a pas pu fuir non plus. Le voila seul, sans défense, en plein dans l'axe de la colonne allemande.

j'avais les larmes aux yeux quand j'ai collé mes figurines. j'ai vraiment eu beaucoup de mal à peindre les casques et les bottes allemandes. parce que l'enfant qui est resté en moi souffrait. C'est l'impuissance qui fait souffrir, la dépossession de son destin. René Pomier-Layrargues, le pilote du Dewoitine 520 dans la scène a dû le ressentir lui aussi (lisez l'histoire de sa journée héroïque et mortelle ici : http://www.bibert.fr/Joseph_Bibert_fich ... argues.pdf). Il accomplit un exploit sans précédent : abattre l'un des meilleurs pilotes allemands (Mölders, l'as aux 115 victoires) à sa première sortie. Il volait avec son zinc à 9 contre 40 et s'est fait abattre car il a préféré affronter l'ennemi plutôt que de s'enfuir et sauver sa vie. Donc il a rendu sa vie sacrée, et c'est ce que l'on nomme un sacrifice. Mais le plus beau c'est la réaction de ses parents. aujourd'hui en 2018, on ferait volontiers un procès à l’État en réclamant une compensation financière importante. mais on est en 1940 alors les parents diront : « (...) Mais sa mère et moi, nous avons du moins la consolation de savoir que notre petit garçon a été à la hauteur de sa tâche...». C'était une autre époque... 


Nous n'avons pas connu cette période, mais nous en sommes tous les héritiers. Je suis persuadé que d'une manière ou d'une autre nous sommes tributaires de la défaite de 1940. Mes derniers mots sur le sujet sont ceux du petit François qui trône seul au pied de la statue du Cuirassier : "...je n'aurais rien à regretter."

voila, si vous avez eu le courage de me lire jusque la je vous salue et vous dis merci ! si vous voulez rajouter quelque chose n'hésitez pas mais avec modération bien entendu... 

 

bien sûr qu'il y a une lecture de cette scène, mais elle n'a rien de caché...ce que j'ai voulu montrer la c'est l'incongruité d'un déchet sous marin. C'était ça mon sujet. l'avion a été jeté par dessus bord car jugé inutile par des hommes qui quelques semaines auparavant considéraient le corsair comme un avion extraordinaire ! ils lui ont retiré le moteur et j'ai rajouté l'anneau du capot avant pour faire un peu comme une sorte de canette de bière avec son opercule qu'on jette après usage ! on passe ainsi de la gloire au néant, du ciel aux abysses... Cependant sur le plan technique j'ai utilisé le noir et blanc, pourquoi ? pour faire exploser le contraste. Ce n'était pas juste une fantaisie, je voulais faire ressortir la distance qui sépare normalement un avion de combat d'avec le fond de la mer. Pour cela les photographes utilisent fréquemment le noir et blanc car si on évacue les nuances de gris on obtient une limite nette entre une zone sombre et une zone claire. C'est pourquoi mon fond marin est terne et clair. quelques uns me l'ont reproché justement (le fond terne), mais c'était une contrainte obligatoire pour faire contraste avec l'avion...
le plongeur n'est la que pour nous permettre de nous incarner dans la scène. c'est un truc que j'utilise toujours depuis que j'ai lu le seigneur des anneaux. Tolkien a compris en l'écrivant que le lecteur doit s'incarner dans l'histoire au travers d'un personnage (les hobbits en l’occurrence). sinon il arrête sa lecture (c'est pourquoi le Silmarion est dur à lire, tandis que bilbo le Hobbit se lit en une soirée)...donc le plongeur c'est vous chers amis !

 

 

 

haut de page

ACCUEIL | ME CONTACTER | LIENS