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Moynet M 360-6 "Jupiter"

France

JFR Team FSC A.ROY , 1/72

Montage et photos André Roy

Bonjour tout le monde !

Par ce temps de grandes chaleurs et comme il n'est pas question de bricoler autour de la maison, j'ai sorti ce modèle du JFR Team au quel il faut quand même que je m'intéresse ... Et pour cause !

Toutes les histoires ont un début et celle de cette maquette commence par une visite de Derf (Frédéric) au Musée Régional de l'Air d'Angers.

Un évènement familial dans la région, et un contact avec l'Espace Air Passion, font que lors de son arrivée sur les lieux, Fred est reçu chaleureusement par une équipe de passionnés et confié aux bons soins de Jean-Pierre LAMBIN qui n'est autre que le Chef de Projet "Restauration du Jupiter"... Il ne pouvait pas mieux tomber et toute liberté lui est accordée pour faire toutes les photos souhaitées de cette machine unique.

Jean-Pierre LAMBIN et Frédéric SCHAEFFER , le 14 juin 2014, devant le Jupiter qui a bien progressé depuis cette photo.

J'aurai par la suite à faire à Jean-Pierre et c'est à nouveau l'occasion de lui adresser un grand merci pour toute l'aide apportée dans la réalisation du master, que ce soit doc technique ou photos . MERCI Jean-Pierre !

Il est bien dommage que cet appareil avant-gardiste n'ait pas eu de suite... Peut être trop en avance pour son époque ?

 

Donc voici dans les lignes qui suivent, un résumé de l'histoire de cet avion.

A la fin des années 50, l’industrie française commence à reprendre sa place, et du coté aéronautique, un besoin d’avions d’affaires, se dessine.

André Moynet, ancien du Normandie-Niémen, Compagnon de la Libération, pilote d’essais, coureur automobile et homme politique, s’associe avec MATRA et un ingénieur nommé Lucien Tiéles.

Au sein de cette union, André Moynet ayant déjà dans l’idée de réaliser un avion d’affaires, avec le secret espoir de concurrencer la production étrangère, va voir son projet prendre vie.

Une étude de marché, conforte André Moynet dans le besoin d’un appareil sûr et confortable avec un rayon d’action d’environ 1500 km et pouvant s’affranchir de certaines directives.

« Il s’appellera JUPITER car, il sera comme Jupiter, maître du ciel » c’est ainsi que André Moynet baptise son avion qui sera un bimoteur push-pull ayant la trainée d’un monomoteur.

Le premier Jupiter M360-4 F-WLKE, conçu pour 4/5 passagers et équipé de deux moteurs de 200cv, effectue son premier vol à Villacoublay, le 17 décembre 1963 avec à son bord, André Moynet et Lucien Tiéles.

Les essais étant satisfaisants, le F-BLKE est arrêté de vol après environ 320 heures. Stocké à Toussus le Noble, il finit dans les collections du M.A.E. qui le fait restaurer par Ailes Anciennes puis le parque à l’extérieur ou il va pourrir pendant 10 ans … Le GPPA d’Angers qui se le voit confier pour étude d’une nouvelle restauration, s’empresse de le rendre constatant une dégradation vraiment trop importante.

Deux nouvelles cellules pouvant recevoir six passagers sont mises en chantiers, le n° 02 servira pour les essais statiques.

Le n° 03 Jupiter M 360-6 F-WLKY au fuselage allongé, motorisé de deux Lycoming de 290 cv réalise sont premier vol, également à Villacoublay, le 23 mai 1965 aux mains de Raymond Cormerais.

L’avion n’a pas de suite, non pas semble-t-il pour ce qu’il était, c'est-à-dire réussi, mais pour ce que l’on pourrait appeler des querelles de clochers…

Devenu propriété d’André Moynet, il vole à l’aéro-club de Neuilly, aux Mureaux, qui étant dans l’incapacité d’en assurer la grande visite, le laisse aux intempéries, par manque de place à l’abri. André Moynet se fâche et confie le F-BLKY au GPPA d’Angers qui en entreprend la remise en état de vol en 2009.

Au centre, André Moynet et à sa gauche, Lucien Tiéles devant le M 360-4.

Cette photo est extraite de : "Moynet M 360-6 Jupiter N° 03 F-BLKY" du Musée Régional de l'Air , étude réalisée par Christian Ravel Responsable Histoire, Archives et Collections. Agréable à lire et très complet, ce document passionnant est facilement accessible sur le net.

 

D'abord, la présentation du coffret et de son contenu. A remarquer que tous les éléments sont sous pochette plastique afin de protéger les plus fragiles que sont la photo découpe, les vitrages et la planche de décalques.

La photo qui suit montre le travail de notre spécialiste, Stéphane alias Ravencbx, qui s'est lâché totalement sur cette planche qui ne fait que 47mm x 50mm mais qui fourmille de détails ...
Bravo Steph, c'est super et je n'ai pu résister ! ! !
Bon, OK, c'est sûr, il ne faut pas avoir de gros doigts... Mais, c'est l'apanage du 1/72

Voici les bouts de résine sortis de leur sachet et encore entourés de leur voile de moulage.
La planche de décalques est de Didier PELTRE.

La vue qui suit montre les principaux éléments réunis dans un premier début de montage à blanc.

Je précise là, qu'il s'agit de pièces d'un tout premier tirage et qu'il faut que le moule se nettoie, que le silicone et la résine apprennent à cohabiter...
Donc comme à chaque fois avec ce type de maquette, grattage, ponçage et ajustage sans oublier mastic et à nouveau ponçage...

Réunification provisoire des deux demi fuselages à l'aide de trois mini gouttes de cyano apposées sur les plans de joints égalisés au papier abrasif grain 280.

Cette opération a pour but dans un premier temps de rectifier les petits défauts découlant du moulage tels que différence de hauteur des demi coquilles, défauts de surface ou autres. Cela me permet également, de pouvoir fignoler le positionnement des ouvertures destinées à recevoir les vitrages et surtout de les aligner de façons symétriques sur les flancs, gauche et droit, du fuselage. D'où les bouts d'adhésifs bleus ...

J'en profite pour procéder à l'ouverture de la soute à bagages dont la porte est représentée par un décal, mais aussi en photo découpe pour ceux qui voudrons me suivre ...

J'ai effectivement l'intention de représenter un "Jupiter" opérationnel avec soute et porte d'accès à bord ouvertes.

Ce qui explique que j'ai refait, en carte plastique de 75/100 (... de récupération), la porte que l'on voit ici coté intérieur.

Tant que le fuselage est assemblé, j'ajuste le placement du stabilisateur et positionne l'emplacement des cloisons de canalisation de l'air de refroidissement du GMP arrière... Les petites entailles situées sur le bord d'attaque à droite et à gauche de l'axe...

C'est bien beau d'ouvrir une porte et bien sûr, comme elle est destinée à être ouverte... Il faut faire ce qui va derrière.
Donc voici le logement de la soute à bagages qui occupe toute la largeur et toute la hauteur de la cellule à cet endroit.

Et puis j'ai refait le capitonnage au niveau des coudes... La banquette arrière est en place mais non collée car, avant d'être positionnée, il me faudra la peindre et l'équiper de ses ceintures.

Tout d'abord, j'ai équipé le plancher de la cabine de ses rails destinés à recevoir les sièges. Il s'agit là, de fil électrique extrait d'un conducteur souple. Chacun voyant ses extrémités pliées à l'équerre et passant dans un trou de 0,25 pratiqué dans le plancher. Une micro goutte de cyano sous le plancher assure la fixation avant de couper l'excédent de fil dépassant.

Les sièges sont peints en deux tons suivant la qualité de leur sellerie. Les ceintures sont à mon habitude, confectionnées dans des habillages de cols de bouteilles de vin ... Ceux qui étaient en étain ! Non, pas ceux de maintenant, en plastique aluminisé et qui ne vont pas ! ! !

La porte est vitrée et habillée de sa garniture intérieure.

Le tableau de bord, très ressemblant au vrai, est en cours de peinture.

La vue qui suit, montre principalement la mise en place des vitrages sur les demi fuselages.

Ici encore, j'emploie ma vieille méthode qui consiste à refaire chaque vitrage dans du plastique transparent qui autrefois était un emballage de chocolats.... Ce dernier se taille facilement, se polit de façon très aisée avec du Miror et se fixe sans aucun problème à la cyano (Ou à la colle classique style Tam...si le support est en plastique).

On voit ces vitrages prêts à rejoindre leurs logements dans le demi fuselage droit alors que sur le coté gauche, ils sont en place.

Lors de la mise en place, ils sont positionnés dans leurs cadres respectifs sans les enfoncer totalement.

Dépose de cyano avec une aiguille sur tout le tour, ce qui a pour but bien sûr de les maintenir en place, mais aussi de combler le micro fossé inévitable entre le vitrage et la cellule.

Ils sont en suite, arasés au papier abrasif 280 puis ensuite au 800 ou 1000 et enfin polis au Miror.

La banquette arrière est en place, les sièges sont sur leurs rails, les rideaux posés et les cimaises matelassées refaites.

Le tableau de bord est en cours de finition. Une fois terminé, il rejoindra son emplacement et je pourrai fermer le fuselage.

J'ai enfin fini le tableau de bord en prenant mon temps ...

Ce n'est pas gros, il faut un bon éclairage et ne pas trembler.

La pièce de 1 cent qui fait 16,25mm de diamètre donne une idée des dimensions des pièces présentes sur la photo qui suit... La planche de bord fait pour sa part 12mm de large.

A noter que le logement prévu pour le lest est garni de plomb roulé et ajusté afin d'occuper le maximum du volume réservé. Ce devrait être suffisant, mais au cas où, le nez sera collé après assemblage de tout l'arrière de l'appareil... Prudence !

Une partie du travail de ce jour, la pose de la casquette du tableau de bord.

Peinture des instruments et autres minuscules babioles à la pointe de cure dents bois... Je n'aime pas trop ce genre de photo car le moindre débordement devient énorme ...

Le propulseur arrière est fixé sur le fuselage et le bloc moteur avant simplement emboité, me réservant ainsi, la possibilité de parfaire le lestage du nez si nécessaire...

Les dérives sont rendues solidaires du stabilisateur. L'arrête dorsale sera ajustée et collée lors de l'assemblage final.

Ici , les trains en cours de préparation. La jambe du train avant est modifiée et réalisée à l'aide d'aiguilles médicales apportant un plus de solidité.
La porte attend ses poignées...

Une idée du chantier de la préparation des pièces du train principal en vue de la mise en peinture de ces éléments.

Les axes des roues sont confectionnés à l'aide de fil de téléphone dénudé et collés a la cyano sur les jambes de train.

Là encore, ce n'est pas très gros... Les flasques des roues font 2,5mm de diamètre et les biellettes, 5,5 mm d'entraxe ...

Les teintes seront des Humbrol tenant mieux sur les pièces en photo découpe que l'acrylique et devront ressembler à ce qui est représenté par la photo située à gauche.

Les trappes de train seront également blanches sur leur faces intérieures.

Après un remplacement obligatoire de la main courante d'un escalier, je me suis remis sur le chantier et attaqué les trains d'atterrissage et voici ce que ça donne:

Un grand merci à Jean-Pierre pour son aide, dont la photo apparaissant dans le cliché qui suit.

Ici les faces internes des trains principaux avec, en photo découpe, les blocs de frein, les flasques de roues et les biellettes de rétraction.
Les canalisations sont en fil de plomb et de cuivre.
Les vérins des amortisseurs sont reconstruits à l'aide fil de cuivre et d'aiguille Hypodermique.
Tous les collages sont à la cyano.

Faces extérieures et trappes des trains principaux,en photo découpe.

Le pare brise a rejoint son emplacement et les patins de crash refaits, sont posés.

La préparation en vue de la peinture est commencée... Les vitrages sont protégés et les ouvertures seront obturées à l'aide de papier essuie tout légèrement humidifié et Maskol.

Sur le bout de papier blanc, diverses petites pièces en photo découpe fixées ici après leur finition et avant peinture, afin de ne pas les perdre ! ! !

Et puis, les pales de l'hélice arrière a dégrossir avant d'aller rejoindre leur cône.

En vol dos ... Pour révéler les patins de crash refaits en profilés Evergreen

Assembler une hélice, n'est pas toujours du plus amusant et tenir des pièces relativement minuscules pour nos "gros doigts de soixantedouziémistes" pas du plus facile ... De plus, cette hélice ne tire pas mais pousse...

J'en profite donc, pour donner là, ma façon de procéder:

La pale est insérée et bloquée dans le mandrin d'un porte foret de petite diamètre, laissant dépasser le pied qui par rotation sur le papier abrasif, sera amené progressivement au diamètre permettant son assemblage sur le cône. L'opération se fait aisément, avec douceur, mais oblige à des essais fréquents.

Le pied de pale réalisé, c'est ce dernier qui à son tour est enserré dans le mandrin et qui laissant dépasser la pale, va en faciliter la mise en forme par ponçage.

Cette dernière vue montre les trois pales usinées et prêtes à rejoindre le cône en prenant bien garde à les positionner correctement car je ne perd pas de vue que cette hélice pousse...

A titre indicatif, les pales font 12mm de long et leur pied 1,2mm de diamètre ! ! !

Je précise que le mandrin du porte foret est fendu en croix ce qui facilite la prise et le maintien des pièces .

J'ai failli oublier les feux de position...

Il sont confectionnés en prélevant des morceaux de "touilletes" rouge et verte... Vous savez , ces ustensiles qui vous servent, dans les bistrots, à bien mélanger vos boissons d'été comme diabolo menthe ou autres Vitel fraise...

Ca se colle parfaitement bien, se met en forme facilement au papier abrasif ( 280 à 800/1000) et se polit sans problème au Miror.

Les feux son terminés et la première couche de blanc va être appliquée. L'empennage sera peint séparément dans le but de me faciliter la décoration des dérives.

Avancée dans la peinture ... Il s'agit d'un Blanc Electroménager en bombe trouvé chez Leroy Merlin.

C'est solide et, une fois bien sec, peut être mastiqué et poncé.

Les hélices ont leur habit définitif. Teintes Prince August Air pour l'ensemble, le cône est rendu brillant par quatre ou cinq couches de KLIR

La photo montre ce à quoi j'essaie de le faire ressembler...

Je vais passer au gris du fond de fuselage (Prince August)

Le voici donc démailloté de ses bandelettes. Les opérations de peintures sont terminées en ce qui concerne le fuselage et les ailes. Après la mise en place des atterrisseurs, j'aurai plus qu'a ajouter toutes les minuscules pièces fragiles, comme antennes, pitot, guignols de gouvernes, béquille, etc ...

Vue de dessous qui montre que le stabilisateur n'attend plus que sa décoration, rouge également, avant de rejoindre sa place sur le fuselage.
Les petites pièces, prêtes à la pose, sont réunies sur un bout de carton plume sur des piques en bois ou sur un morceau d'adhésif retourné ... Simple précaution pour éviter toute perte...

 

Il m'aura fallu trois jours pour en arriver au premier roulage...

Au cours de ces journées, j'ai échappé l'empennage une première fois, en décollant la dérive gauche et, réparée, j'ai recommencé une seconde fois pour dissocier les deux... Pourquoi faire les choses à moitié ? Casse bénéfique car je me suis aperçu que leur positionnement n'était pas le bon...

Les décalques se séparent rapidement du support papier, ils sont fins et d'une grande souplesse. Pas évident de poser bien droit les petits lisérés noir encadrant le rouge... Patience.

Je n'ai pas mis volontairement les antennes du dessus de la dérive gauche... Très fines elles se verraient à peine et de ce fait auraient une durée de vie très éphémère... Et puis on les distingue pratiquement pas sur les photos du vrai! ! ! !

Bon, en voici des photos...

Et voici son support...

Ce montage tire à sa fin et je m'imagine très bien le MOYNET ‘’Jupiter’’ sur un terrain quelque part en France, attendant ses passagers pour un voyage d’affaires à travers l’Exagone, dans les années 1965/1970…

C’était un bel avion, réussi, avec de grandes possibilités…

Pour moi, maquettiste et passionné d’aviation, je ne peux construire un modèle sans aller chercher le pourquoi et le comment de son existence, autrement dit, son histoire… Et les dessous de cette histoire sont parfois étonnants, voir surprenants ...

Merci à tous les copains qui ont suivi ce montage et dont chaque petit mot a été un réel encouragement en même temps qu’un témoignage d’amitié sincère.

Merci à Jean-Pierre LAMBIN de l’E.A.P. d’ANGERS, mon fournisseur de détails très précieux. Merci également bien sûr, à toute l'Equipe du Musée.

D’autres photos suivront, une sorte de tourne autour !

La tranchée circulaire n'est pas destinée à recevoir les fondations d'une quelconque clôture, mais une demi sphère transparente qui le protègera (Ø 20cm chez Cultura)



Voici la dernière photo avant qu'il soit emballé pour son voyage dans le Finistère...

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